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Suivant avec foi les Neuf Divins, les Argeh'niens ont longtemps vécus bénis et récompensés pour leur dévotion envers ces protecteurs. Mais, Kyn'tar pris en exemple, toute divinité n'est pas bonne à suivre, voire pas bonne du tout.

Longtemps considérés comme le Panthéon des Neuf, de vieux écrits et légendes Argeh'niennes, perdus dans les tréfonds de la mémoire humaine et les étagères poussiéreuses d'un coin de bibliothèque, parlent d'une entité qui aurait côtoyé les Divins. Plus qu'une simple créature aux services des Neuf, elle partageait le siège de ces derniers.

Ainsi, le Panthéon des Neuf était, autrefois, nommé le Panthéon des Dix.

Le Purificateur

Alors que le temps était jeune et que les Divins veillaient sur le frêle peuple Argeh'nien, il arriva bien vite aux yeux de Daragh qu'il fallait répartir ces protecteurs dans des plans et missions bien particulières. L'objectif était d'empêcher une quelconque guerre divine qui menacerait l'équilibre des Forêts Bleues. 

Donnant à chacun un rôle bien précis à réaliser, tantôt guerrier, messager, soigneur ou protecteur, les Divins avaient enfin un but : 

Tous les plans avaient été répartis. Demiä'hana guideraient les âmes vers le Néant tout en accordant l'accès au Panthéon Blanc pour les plus méritants, Daragh jugerait Divins et mortels de son implacable courroux, Vargrim déchaînerait sa colère dans les batailles, Diba'ïla donnerait aux femmes la soif de l'élégance, Kyn'tar ferait vivre la zizanie au sein des communautés, Ma'ra veillerait au respect de la Nature, Ak'ato enseignerait et garderait les savoirs les plus anciens, Cath'bad transmettrait les vents et nouvelles à travers les cieux et Drom protégerait la vie qu'il fera germer du sol.

Tout était réglé comme une horloge.

Il restait néanmoins un plan à pourvoir. Le Panthéon Noir.

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Enfer gardant les âmes des hommes n'ayant pas mérité l'accès au Panthéon Blanc, un protecteur de ces terres de cauchemar devait être choisi. Et le Dixième, fut sélectionné pour ce plan.

Forme spectrale aux longs voiles noirs, surplombée par des crânes ricanant et s'allongeant, Epar'adur le Purificateur n'avait qu'une seule mission : châtier les habitants du Panthéon Noir. Dixième parmi les Divins, il encadrait, avec la Première, les voies de la Mort. Si Demiä'hana guidait les âmes au Panthéon Blanc, elle laissait flotter les mauvaises vers son confrère qui se chargeait de les réceptionner.

Bien que gardien des enfers, Epar'adur était tout sauf mauvais. Veilleur infatigable, il effectuait sa tâche avec ferveur, châtiant les infidèles et les meurtriers pour l'éternité. Néanmoins, sa mission avait un coût. Cloîtré dans le Panthéon Noir, il ne pouvait en sortir pour explorer le monde avec ses alliés Divins. Tout ce qu'il connaissait était la noirceur des âmes humaines et l'ombre de son domaine.

Petit à petit, il vint à rêver.

Le Dévoreur

Son quotidien devenait de plus en plus lassant. Contrairement aux autres Divins qui exerçaient librement leurs œuvres, Epar'adur n'avait qu'une seule consigne : punir. Il avait suivi à la lettre cet ordre que Daragh avait posé sur lui. Il châtiait les âmes des pécheurs en infligeant des tortures basiques mais efficaces, étirant leurs esprits malléables.

Mais un jour, qui ressemblait à tant d'autres dans cet endroit où le temps n'avait plus d'emprise, il décida de changer ses méthodes. Il vint à se demander ce que ferait ses âmes s'il venait à les avaler, débarrassant le Panthéon Noir de leur présence toujours plus nombreuse.

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Le long voile noir aux crânes se transforma pour une araignée décharnée à la mâchoire extensible. Les âmes guidées par la Première étaient aspirées sans relâche dans la gueule béante du Divin. Et il découvrit bien vite, avec joie, qu'une fois avalée, l'âme d'un défunt reprenait vie, prisonnière de son ancien corps à l'intérieur de l'estomac noir et sans fond qui l'accueillait. Les souffrances devenaient alors physiques, et éternelles. Rien ne pouvait mourir à l'intérieur de cet organe qui aspirait toujours plus de damnés, les condamnant à revivre d'interminables douleurs tant mentales que corporelles. Leurs chairs se désagrégeaient mais ne pouvaient disparaître, créant un cycle sans fin.

Epar'adur avait trouvé un nouveau jeu pour égayer sa vie éternelle dans le Panthéon Noir. Les Divins ne cillèrent pas en observant sa nouvelle manie, l'appelant désormais le Dévoreur. De toute façon, hormis la Première, personne ne rendait visite au Dixième, et seule la solitude et les hurlements qui jaillissaient de ses entrailles lui tenaient compagnie.

Mais il commençait à avoir faim.

Le Sème-Mort

Les guerres passées, Epar'adur n'avait que peu à se mettre sous la dent. Le mythe des souffrances éternelles réservées aux pécheurs empêchaient certains malandrins de passer à l'acte, et il fallait attendre les guerres et son lot de morts parfois sales pour que des âmes viennent s'échouer dans l'abîme sans fin du Dévoreur.

Un jour trop calme pour cette région d'horreur, une solitude trop poussée pour un Dieu abandonné et une faim dévorante pour une créature toujours plus affamée fit faire à Epar'adur le premier de ses cataclysmes. Les rares écrits sur le sujet parlent de 3 actions ayant engendré catastrophes et pertes pour le peuple Argeh'nien.

L'effondrement de la Crique ensablée.

Longue plaine recouverte de sable fin, la Crique était un passage obligatoire pour rejoindre le Bastion Féralien à ses débuts. La route était sûre et aucune bête sauvage ne s'y aventurait, permettant aux voyageurs et aux caravanes de traverser tranquillement.

Epar'adur Cataclysme

<<Dans un grondement aussi sourd qu'un orage en plein été, le sol se mit à s'affaisser. Rien avant la chute, seulement un crâne qui semblait vouloir nous avaler.>> Extrait d'un journal de rescapé.

C'était le premier acte d'Epar'adur. Il voulait voir s'il était capable d'agir sur ce monde des vivants auquel on lui avait interdit l'accès pendant tant d'années. S'il ne pouvait les faire souffrir, il pouvait les tuer pour les happer dans son Royaume des Damnés.

Petit incident, qui ne coûta, au final, qu'une dizaine de morts, l'action resta impunie, les Divins n'y prêtant pas attention. Mais le Dévoreur avait goûté aux vivants lavés d'impureté.

La Peste verte.

Revenu à son Panthéon Noir, Epar'adur vint à ressentir de nouveau la faim pour cette chair qu'il goûtait tout juste, à la saveur plus douce que celle des morts damnés. Aussi, il tenta une nouvelle entorse à son rôle, mais cette fois-ci, de plus grande envergure.

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Luttant pour atteindre le plan des mortels, il déposa sa marque sur une jeune femme, Cath'rala Loy'mien. Celle-ci fut alors sa porte-parole, répandant sa présence au sein des foyers et des communautés Féraliennes.

Libérant une maladie, apparaissant comme bénigne, Cath'rala contamina une grande partie de la population, aux alentours de -2475. Connue sous le nom de Peste verte, cette épidémie fit plus de 50 000 morts dans les seules régions Est et Sud du Royaume, apportant de nouvelles personnes dans le Royaume d'Epar'adur. Il rayonnait, heureux de récupérer de nouveaux amis qu'il s'empressait de dévorer, savourant leur pureté et la douceur de leurs chairs retrouvées.

Ce qu'il advint de Cath'rala reste un mystère. Certains écrits racontent que c'est Ma'ra en personne qui vint mettre un terme à la vie de cette femme, créant un véritable danger pour la Nature de part les pestilences qu'elle répandait.

Les Affameurs.

Le Dévoreur avait réussi à interagir par deux fois sur le plan mortel, peu de temps, mais suffisamment pour créer des désordres majeurs au sein de la communauté. Avoir sa porte-parole avait permis au Dieu d'agrandir son Royaume en serviteurs/amuse-gueules fidèles. Il lui vint alors l'idée de rallier une troupe de suivants qui agiraient en son nom parmi les vivants.

Prenant vie dans un arbre impur et mort, sa bouche se matérialisa en une gueule béante et hérissée de dents. Grondant à travers les feuillages pourrissant de la forêt, son appel résonna au cœur des pécheurs au sein des vivants, qui se précipitèrent dans le bosquet souillé.

Là, Epar'adur leur prêcha la parole de l'Ordre qu'ils allaient former.

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Je marche parmi les vivants, mais mon destin est supérieur,
J'ai vendu ma vie et mon destin aux mains du Dévoreur.

Je répands sa parole, sa foi et sa volonté,
Je lui sacrifierai les impurs, qu'il puisse se matérialiser.

Je ne connais pas d'autre Divin, seul sa grandeur m'importe,
Je préparerai son arrivée, que dans sa miséricorde il m'emporte.
— Chant des Affameurs.
Prenant le nom d'Affameurs, ces prêtres impies commencèrent à enlever et kidnapper les isolés, les amenant devant l'arbre pour qu'il puisse savourer leurs corps chauds et tentant de se débattre. Bientôt, la secte grandit, devenant une menace encore inconnue pour les Féraliens qui cherchaient l'origine de ces disparitions.

Le Roi Ys'and Hemswôr'th le Pur ordonna alors une traque de grande envergure sur l'ensemble des Forêts Bleues. On estime donc que ces histoires se seraient produites dans les années -2500, ce qui ne concorde pas réellement avec les dates avancées pour la Peste Verte. Il est donc difficile d'établir avec exactitude les récits concernant ces histoires.

La traque finit néanmoins par mener jusqu'à l'arbre maudit. Mettant fin à l'existence des Affameurs, le Roi Ys'and plongea la lame bénie par Ma'ra dans le coeur de la créature, brisant le seul point d'entrée du Dixième sur ce plan. La paix était revenue.

L'Oublié

Plusieurs décennies passèrent, Epar'adur restant cloîtré de nouveau dans son Panthéon Noir, recevant les âmes que la Première continuait d'apporter. La faim le tiraillait toujours, encore et toujours, il ne pouvait se passer de la douceur de la chair vivante, les morts n'ayant plus d'attrait pour lui.

Il ne pouvait plus rejoindre le monde des vivants depuis le Panthéon Noir, mais qu'en était-il du Panthéon Blanc ? Demeure de sa consœur, Demiä'hana, s'il pouvait atteindre ce lieu où reposaient les plus purs des purs, il pourrait non seulement dévorer des chairs encore plus douces qu'avant, mais également trouver un passage pour le plan mortel.

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Nulle âme ne trouva le repos ce jour-ci.

Brisant les chaînes qui le retenaient au Panthéon Noir, Epar'adur jaillit dans les nuages blancs du Royaume de la Première. Sa bouche se déformant en un trou noir impossible à échapper, il aspira toute entité trop proche de lui. Des hurlements accompagnaient ses mouvements lents et vaporeux, mais ils ne provenaient pas des âmes aspirées, non ... mais bien de toutes celles qui souffraient depuis une éternité dans son estomac.

Arrachant au repos éternel les justes, il leur offrit une reconnaissance douloureuse qu'aucun Divin ne pourrait pardonner et effacer.

La Première ne put rien faire face à l'ampleur des dégâts et de la folie de son ancien allié. Glissant dans les nuages après avoir moissonné le Panthéon, il trouva enfin ce qu'il était venu chercher : une porte de sortie.

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Apparaissant enfin pleinement dans le plan mortel, le Dévoreur reprit alors sa mission principale : punir. Mais cette fois-ci, nul damné ne connut la torture éternelle du Panthéon Noir, seuls les purs goûtèrent au chaos et au malheur.

Trop puissant pour être arrêté par les hommes, Daragh en personne vint l'affronter sur les terres Féraliennes. La victoire revint au Roi des Divins, son marteau blanc fendant le crâne du Dévoreur ainsi que les montagnes dans lesquelles il avançait. Les légendes disent que c'est ainsi que les Colosses Jumeaux sont nés.

Brisé, Epar'adur n'eut pas droit à la miséricorde divine. Scellé et envoyé dans un plan inconnu, le gardien infatigable du Panthéon Noir fut rayé des Divins. Méticuleux, Daragh chercha Ak'ato pour effacer toutes traces de l'existence de ce qu'ils avaient, contre leur volonté, créé. La mémoire des habitants fut effacée quant à ce drame, mais certains écrits survécurent.

Héritage

Mythe ou réalité, l'existence d'Epar'adur suscite, chez la classe érudite, de nombreuses questions. Il n'existe, effectivement, aucune preuve écrite de son passage, et les histoires contées ci-dessus ont traversé les âges de bouche à oreille. Quelques textes ont bel et bien été retrouvés mais les dates concordent rarement d'un écrit à l'autre.

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Nombreux sont ceux ayant traqué d'éventuels artefacts et endroits où le Dévoreur aurait pu placer sa marque, malgré deux millénaires de recherches. Relevant ainsi plus de la légende que des faits réels, l'histoire d'Epar'adur est néanmoins contée par moment chez les plus instruits, rappelant que même les Divins peuvent commettre des erreurs irréparables. En effet, les textes s'accordent bel et bien sur le destin tragique qu'ont connu les âmes du Panthéon Blanc, Daragh ayant été incapable de les tirer de l'estomac du Dévoreur.

Aujourd'hui, après presque 3000 ans d'existence, seuls quelques érudits Féraliens peuvent parfois penser à cette existence qui relève de ces mystères qu'on ne pourra, sans doute, jamais résoudre. A moins que vous ne vous sentiez l'âme à en briser le sceau.

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